L’art du tò he – Figurine de riz devient mémoire vivante

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Un récit de terrain par Far East Tour, agence locale sur mesure

Il y a des formes d’art qui impressionnent par leur monumentalité, et d’autres qui touchent par leur fragilité. Le tò he appartient résolument à la seconde catégorie. Ces petites figurines colorées, façonnées à la main à partir de pâte de riz gluant, semblent à première vue modestes, presque enfantines. Pourtant, lorsqu’on prend le temps de s’arrêter, de regarder l’artisan travailler, d’écouter son histoire, on découvre un art populaire d’une profondeur étonnante, porteur de mémoire, d’identité et de transmission.

Chez Far East Tour, nous avons souvent vu les regards de nos voyageurs changer en quelques minutes : d’une simple curiosité amusée à une véritable émotion. Car le tò he n’est pas seulement un objet décoratif ou un jouet pour enfants. C’est un langage visuel, un art éphémère qui raconte le Vietnam rural, ses croyances, ses fêtes, et surtout son rapport au temps.

Cet article est une invitation à découvrir le tò he autrement : à travers nos expériences de terrain, nos rencontres avec les artisans, et notre regard d’agence locale engagée dans un tourisme culturel respectueux et vivant.

Qu’est-ce que le tò he ? Un art populaire né du quotidien

Le tò he est une figurine façonnée à partir de pâte de riz gluant colorée naturellement. À l’origine, ces figurines étaient souvent comestibles, destinées aux enfants lors des fêtes villageoises, des marchés ou des célébrations du Nouvel An lunaire (Tết).

Les formes varient :

  • animaux (buffles, coqs, dragons)
  • personnages légendaires
  • figures d’opéra traditionnel
  • héros contemporains, aujourd’hui

L’artisan travaille rapidement, avec une dextérité impressionnante. En quelques minutes, sous les yeux émerveillés des spectateurs, une masse informe devient un visage expressif, un animal en mouvement, une scène miniature.

Mais ce qui rend le tò he unique, ce n’est pas seulement la technique : c’est le fait que l’œuvre est vouée à disparaître. Elle peut être mangée, se dessécher, se fissurer. Et c’est précisément cette impermanence qui lui donne sa valeur.

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Le berceau du tò he : le village de Xuân La

Lorsque l’on parle de tò he, un nom revient toujours : Xuân La. Situé à la périphérie de Hanoï, ce village est considéré comme le cœur historique de cet art populaire.

Un savoir-faire transmis par les mains

À Xuân La, le tò he n’est pas appris dans des écoles d’art. Il se transmet :

  • de parents à enfants
  • d’anciens à jeunes apprentis
  • par l’observation et la répétition

Lors de nos visites, nous avons vu des enfants de 7 ou 8 ans manier déjà la pâte avec assurance, pendant que leurs grands-parents corrigeaient un geste, suggéraient une couleur, racontaient l’origine d’un motif.

Ce qui frappe, c’est l’absence de séparation entre la vie quotidienne et la pratique artistique. Ici, l’art fait partie du rythme du village.

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Une matière simple, un symbolisme riche

La pâte de riz : plus qu’un matériau

Le riz est au cœur de la civilisation vietnamienne. Utiliser la pâte de riz gluant comme matière première n’est pas un hasard. Elle symbolise :

  • la fertilité
  • l’abondance
  • la relation intime entre l’homme et la terre

Autrefois, les couleurs provenaient exclusivement de pigments naturels : feuilles, racines, cendres. Aujourd’hui, pour des raisons sanitaires et de durabilité, les artisans ont adapté leurs pratiques, mais l’esprit reste le même.

Des formes qui racontent le monde

Chaque figurine est porteuse de sens :

  • le dragon évoque la prospérité et la protection
  • le buffle rappelle le travail agricole et la patience
  • les personnages légendaires transmettent des valeurs morales

Ainsi, le tò he devient une forme de narration visuelle, accessible à tous, même sans mots.

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Le tò he dans les fêtes et la vie sociale

Traditionnellement, le tò he est indissociable des fêtes populaires :

  • le Tết
  • la fête de la mi-automne
  • les foires et marchés ruraux

L’artisan itinérant parcourait autrefois les villages, portant ses figurines sur un bâton de bambou. Les enfants l’attendaient avec impatience. Le choix d’un tò he était un moment de joie simple, mais aussi un acte symbolique : on choisissait un animal ou un personnage porteur de chance.

Chez Far East Tour, nous aimons rappeler à nos voyageurs que ces scènes, encore visibles aujourd’hui, sont devenues rares. Les voir, c’est assister à un fragment vivant du Vietnam d’autrefois.

Notre expérience de terrain : le tò he vu de près

Observer, puis comprendre

Lors d’un voyage sur mesure autour de Hanoï, nous avons emmené un petit groupe à Xuân La. Au début, les voyageurs prenaient des photos, souriaient devant les couleurs. Puis, peu à peu, le silence s’est installé. Ils regardaient les mains de l’artisan, son regard concentré, la rapidité de ses gestes.

Un voyageur nous a dit :

« On dirait qu’il ne fabrique pas une figurine, mais qu’il se souvient de quelque chose. »

Cette phrase résume parfaitement l’essence du tò he.

Participer sans dénaturer

Lorsque le contexte s’y prête, certains artisans acceptent d’initier les visiteurs. Les gestes sont simples en apparence, mais difficiles à maîtriser. Cette tentative maladroite permet de comprendre la valeur du savoir-faire, bien plus efficacement qu’un long discours.

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Entre tradition et modernité : le tò he aujourd’hui

Comme beaucoup d’arts populaires, le tò he a dû s’adapter :

  • nouvelles thématiques (personnages de dessins animés, figures modernes)
  • nouveaux circuits de vente (ateliers pédagogiques, événements culturels)

Certains puristes y voient une perte d’authenticité. D’autres, au contraire, y voient une stratégie de survie.

Chez Far East Tour, notre regard est nuancé : tant que la technique, l’esprit et la transmission sont respectés, l’évolution fait partie de la vie de l’art.

Le tò he comme patrimoine culturel vivant

Le tò he est aujourd’hui reconnu comme un patrimoine culturel immatériel à protéger. Mais cette reconnaissance n’a de sens que si elle s’accompagne :

  • d’un soutien réel aux artisans
  • d’une transmission aux jeunes générations
  • d’un tourisme respectueux

C’est pourquoi nous intégrons le tò he avec précaution dans nos itinéraires, jamais comme une simple attraction, mais comme une rencontre humaine.

Découvrir l’art du tò he avec Far East Tour

Avec Far East Tour, découvrir le tò he, c’est :

  • rencontrer des artisans dans leur environnement
  • comprendre le contexte culturel, historique et social
  • prendre le temps d’observer, d’échanger, parfois de créer
  • repartir avec une expérience, pas seulement un souvenir

Nos circuits sur mesure privilégient les petits groupes, le respect des communautés et la qualité de l’échange.

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Pourquoi le tò he touche tant les voyageurs

Parce qu’il parle de choses universelles :

  • l’enfance
  • le temps qui passe
  • la beauté de l’instant
  • la transmission

Dans un monde où tout semble devoir durer, être conservé, archivé, le tò he nous rappelle que la valeur peut aussi résider dans l’éphémère.

Conclusion – Un art fragile, mais essentiel

L’art du tò he n’est ni spectaculaire ni monumental. Il est fragile, discret, parfois menacé. Et pourtant, il porte en lui l’âme d’un Vietnam rural, créatif et profondément humain.

Pour nous, chez Far East Tour, le tò he incarne parfaitement notre vision du voyage :

  • aller au-delà de l’apparence,
  • prendre le temps de comprendre,
  • rencontrer avant de consommer.

Si vous souhaitez découvrir le Vietnam à travers ses gestes simples, ses arts populaires et ses histoires humaines, alors peut-être qu’un jour, au détour d’un marché ou d’un village, vous verrez naître un tò he… et qu’il vous parlera, silencieusement, de tout ce que le Vietnam a de plus précieux.

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