Récit culturel et expérience de terrain par Far East Tour, agence locale de voyages sur mesure au Vietnam
Lors de nombreux voyages culturels que nous organisons chez Far East Tour, une scène revient souvent. Dans une pagode ancienne, un temple de village ou une maison communale, un voyageur s’arrête devant une stèle gravée. Les caractères sont élégants, complexes, mystérieux. Ce ne sont ni des caractères chinois classiques, ni l’alphabet vietnamien moderne.
C’est là que surgit une question simple, mais essentielle :
« Quelle est cette écriture ? »
La réponse tient en deux mots : l’écriture chữ Nôm.
Peu de visiteurs étrangers connaissent son existence avant d’arriver au Vietnam. Et pourtant, pendant plusieurs siècles, c’est elle qui a permis aux Vietnamiens d’écrire leur propre langue, leurs poèmes, leurs prières, leurs récits populaires. Chữ Nôm n’est pas seulement un système graphique. C’est une mémoire culturelle, fragile, mais encore bien présente dans le paysage vietnamien.
1. Qu’est-ce que l’écriture chữ Nôm ?
L’écriture chữ Nôm est un ancien système d’écriture vietnamien, développé à partir des caractères chinois, mais adapté pour transcrire la langue vietnamienne parlée.
Quelques points clés pour comprendre rapidement :
- Chữ Nôm apparaît vers le Xe siècle.
- Elle permet d’écrire le vietnamien, contrairement au chinois classique.
- Elle combine :
- des caractères empruntés,
- des caractères modifiés,
- des caractères inventés spécifiquement.
- Elle a été utilisée jusqu’au début du XXe siècle.
Contrairement à une idée reçue, chữ Nôm n’était pas une écriture marginale. Elle a servi à :
- la littérature,
- la poésie,
- les textes religieux,
- les chants populaires,
- certains documents administratifs.
En d’autres termes, chữ Nôm est la voix écrite du peuple vietnamien avant l’arrivée de l’alphabet latin.

2. Chữ Nôm et identité vietnamienne
Pour comprendre l’importance de chữ Nôm, il faut la replacer dans le contexte historique du Vietnam.
Pendant des siècles :
- le chinois classique était la langue officielle de l’administration et des élites,
- mais il ne reflétait pas la langue réellement parlée par la population.
Chữ Nôm est née de ce besoin fondamental : écrire comme on parle, penser comme on vit.
C’est grâce à chữ Nôm que :
- la poésie vietnamienne s’est affirmée,
- les légendes populaires ont été transcrites,
- les sensibilités locales ont trouvé une forme écrite.
De nombreux Vietnamiens considèrent aujourd’hui chữ Nôm comme :
- un symbole de résistance culturelle,
- une affirmation de l’identité nationale,
- un pont entre tradition orale et écriture.

3. Où rencontre-t-on l’écriture chữ Nôm aujourd’hui ? (expérience de terrain)
Chez Far East Tour, nous ne présentons jamais chữ Nôm comme un concept abstrait. Nous la faisons rencontrer physiquement.
Les voyageurs la découvrent souvent dans :
- les pagodes anciennes (stèles, cloches, tablettes votives),
- les maisons communales de village,
- certains temples dédiés aux lettrés ou aux divinités locales,
- les manuscrits conservés dans des bibliothèques patrimoniales.
Un souvenir marquant pour beaucoup de nos clients :
dans un village du Nord, un ancien sort un livre jauni, écrit entièrement en chữ Nôm. Il ne sait plus le lire couramment, mais il sait ce qu’il représente. Il dit simplement :
« C’est l’écriture de nos ancêtres. »
Ce moment résume parfaitement chữ Nôm : une écriture parfois illisible, mais jamais oubliée.

4. Pourquoi chữ Nôm a-t-elle disparu de l’usage courant ?
L’abandon progressif de chữ Nôm n’est pas lié à un rejet culturel, mais à une évolution pratique.
Au début du XXe siècle :
- l’alphabet latin vietnamien (quốc ngữ) se généralise,
- il est plus simple à apprendre,
- il facilite l’éducation de masse.
Peu à peu :
- chữ Nôm cesse d’être enseignée,
- elle devient une écriture savante,
- puis un patrimoine.
Aujourd’hui :
- peu de Vietnamiens savent la lire,
- mais beaucoup la reconnaissent et la respectent.
Dans les universités, chez les chercheurs, dans certains cercles culturels, chữ Nôm continue de vivre comme objet d’étude et de transmission.

5. Voyager au Vietnam à travers l’écriture chữ Nôm (itinéraire suggéré)
Chez Far East Tour, nous intégrons chữ Nôm dans des itinéraires culturels profonds, jamais comme une simple curiosité.
Itinéraire culturel suggéré (6–7 jours)
- Jour 1 – Arrivée à Hanoï
Introduction à l’histoire des écritures vietnamiennes. - Jour 2 – Pagodes et temples anciens
Observation des inscriptions en chữ Nôm et en caractères chinois. - Jour 3 – Villages traditionnels du delta du fleuve Rouge
Découverte de maisons communales et stèles gravées. - Jour 4 – Rencontre avec un chercheur ou guide spécialisé
Lecture commentée de textes chữ Nôm (sans technicité excessive). - Jour 5 – Littérature et poésie vietnamienne ancienne
Mise en contexte culturel et historique. - Jour 6 – Temps de synthèse et échanges
Comprendre ce que chữ Nôm raconte du Vietnam d’hier et d’aujourd’hui.
Pourquoi cet itinéraire est pertinent
- il donne du sens aux lieux visités,
- il relie écriture, spiritualité et vie quotidienne,
- il transforme une écriture ancienne en expérience vivante.

Conclusion – Chữ Nôm, une écriture qui continue de murmurer
L’écriture chữ Nôm n’est plus utilisée pour écrire le Vietnam moderne. Mais elle continue de parler au Vietnam contemporain. Elle est gravée dans la pierre, cachée dans les livres anciens, présente dans la mémoire collective.
Pour nous, chez Far East Tour, faire découvrir chữ Nôm, ce n’est pas enseigner une langue oubliée. C’est inviter les voyageurs à comprendre que le Vietnam ne s’est pas toujours écrit comme aujourd’hui – et que derrière chaque caractère ancien se cache une voix humaine, encore audible pour qui prend le temps d’écouter.
Si vous le souhaitez, je peux :
- adapter ce texte pour un site institutionnel / culturel,
- le raccourcir pour une page pédagogique,
- ou l’intégrer dans une série d’articles “Langues & écritures du Vietnam” pour Far East Tour.

